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Chants de Tradition

 

Fiers de deux siècles d’histoire, les Saint-Cyriens font régulièrement résonner les murs de la Spéciale que ce soit lors de nuits froides et humides ou lors de grands moments de joie. Chaque chant étant propre à un moment ou une période de la vie du Saint-Cyrien, il n’est pas d’usage de tout vous dévoiler ici…

 

 

La Galette :

 

La promotion d’Isly (1843-1845) créa ce chant de protestation contre la suppression par le commandement de la contre-épaulette, dite “galette”, que portaient les élèves moyennement classés. Ce chant devenu l’hymne de l’Ecole se chante au garde-à-vous dans les instants de solennité. D’aucuns disent que la mélodie aurait donné l’air de “l’artilleur de Metz”.

 

1. Noble galette que ton nom,

Soit immortel dans notre histoire,

Qu’il soit ennobli par la gloire

D’une vaillante promotion,

Et si dans l’avenir

Ton nom vient à paraître

On y joindra peut être

Nôtre grand souvenir

On dira qu’à Saint-Cyr

Où tu parus si belle

La promotion nouvelle

Vient pour t’ensevelir.

3. Amis il faut nous réunir

Autour de la galette sainte

Et qu’à jamais dans cette enceinte

Règne son noble souvenir.

Que ton nom tout puissant

S’il vient un jour d’alarme

A cinq cents frères d’armes

Serve de ralliement.

Qu’au jour de la conquête

A défaut d’étendard

Nous ayons la galette

Pour fixer nos regards.

2. Toi qui toujours dans nos malheurs,

Fus une compagne assidue,

Toi, qu’hélas nous avons perdue,

Reçoit le tribut de nos pleurs.

Nous ferons un cercueil

Où sera déposée

Ta dépouille sacrée

Nous porterons ton deuil.

Et si quelqu’un de nous

Vient à s’offrir en gage

L’officier en hommage

Fléchira le genou.

4. Soit que le souffle du malheur

Sur notre tête se déchaîne

Soit que sur la terre africaine

Nous allions périr pour l’honneur,

Ou soit qu’un ciel plus pur

Reluise sur nos têtes

Et que loin des tempêtes

Nos jours soient tous d’azur

Oui tu seras encore

0 galette sacrée

La mère vénérée

De l’épaulette d’or.

 

 

 

Les Casos :

 

Ecrit par l’Elève Officier de SAINT-SAUVEUR-LORRAINE, de la Promotion “MARCHAND” (1898-1900), ce chant est utilisé généralement lors des défilés ou des déplacements en formation.

 

1.

 

 

 

 

 

Quand les cyrards quittant l’école
A Paris débarquent gaiement
Les casos frisés par le vent
Se répandent en bandes folles
Ils flottent, ils flottent gentiment
Les Casoars rouges et blancs.

4.

 

 

 

 

 

Mais quand là-bas à la frontière
Le canon les a appelés
Ils vont combattre en rangs serrés
Pas un ne regarde en arrière
Ils sont les premiers à l’assaut
Les valeureux petits Casos.
2.

 

 

 

 

 

Ils font l’objet des rêveries
Des mamans berçant leurs bébés
Des potaches à l’air blasé
Leur jettent des regards d’envie
Ils fuient rapides et légers
Comme des rêves ébauchés.

5.

 

 

 

 

 

Rouges et blancs ils sont l’emblème
Des amours noyés dans le sang
D’adieux que le cyrard mourant
Fait porter à celle qu’il aime
Ceux là font couler bien des pleurs
Qui sont tombés au champ d’honneur.

3.

 

 

 

 

 

Ils vont là où le cœur les mène
Au nid d’amour pour s’y griser
De caresses et de baisers
Dont ils sont privés en semaine
Ils frôlent des minois charmants
Les Casoars rouges et blancs.

6.

 

 

 

 

 

Tantôt les caresses des femmes
Tantôt les balles et les boulets
Aimer mourir c’est leur métier
De servir la France et les dames
Voilà ce que disent en mourant
Les Casoars rouges et blancs.

 

 

 

 

 

Le PDB :

 

Chant le plus prisé des Saint-Cyriens, il clôt les grands évènements intra et inter promotions. Ne reste à la fin, debout, seul à chanter, que le plus Ancien…

 

1.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trois Saint-Cyriens sont sortis de l’enfer
Un soir par la fenêtre
Et l’on dit que monsieur Lucifer
N’en est plus le maître.
La sentinelle qui les gardait
En les voyant paraître
Par trois fois s’écria :
Halte-la! Qui va la? Qui vive?
Et les trois bougres ont répondu :
Ce sont trois Saint-Cyriens qui sont Pékins de Bahut!

 

 

 

 

 

Refrain :

 

 

 

Oh! Pékin de Bahut
Viens nous t’attendons tous
Nous leur ferons tant de chahut
Qu’a la pompe,
Ils en seront foüs!

2.

 

 

 

 

 

 

 

Un soir, dans une turne immense
Six cents martyrs étaient assis,
Les uns disaient : Ah! Quelle chance!
Dans six mois nous seront partis.
Les autres d’un air lamentable
Contemplant leurs anciens avachis
Disaient : dans six mois, pauvres diables
Comme eux nous serons abrutis.

3.

 

 

 

 

 

 

 

Vous qui ! Dans l’espoir de Cyr
Palissez sur de noirs bouquins
Puissiez-vous ne jamais réussir
C’est le vœu de vos grands anciens
Si vous connaissiez les horreurs
De la pompe et du bataillon
Vous préfèreriez les douceurs
De la vie que les pékins ont.

 

 

La Gloire :

 

Ce poème n’est pas un chant, mais est la référence littéraire la plus connue des Saint-Cyriens. Il a été écrit par l’Élève Officier ROLLIN, de la Promotion Sud-Oranais (1902-1904), tombé au champ d’honneur en 1915.


Voulant voir si l’École était bien digne d’Elle,
La gloire, un jour, du ciel, descendit à Saint-Cyr.
On l’y connaissait bien, ce fut avec plaisir
Que tous les Saint-Cyriens reçurent l’Immortelle.


Elle les trouva forts, ils la trouvèrent belle.
Après trois jours de fête, avant de repartir,
La Gloire voulant à tous laisser un souvenir
Fixa sur leur shakos des plumes de son aile.


Ils portèrent longtemps ce plumet radieux,
Mais un soir de combat, près de fermer les yeux,
Un Saint-Cyrien mourant le mit sur sa blessure
Afin de lui donner le baptême du sang.
Et depuis nous portons, admirable parure,
Sur notre shako bleu, le plumet rouge et blanc.

 

 

L'Ours :

 

Il s’agit d’abord de la chambre des punis, réputée par son froid polaire qui y régnait, d’où le nom ; par extension, le Major Ours est l’élève ayant écopé du maximum de jours d’arrêts passés à l’ours. Chaque promotion se targue d’être celle détenant le recordman de l’ours…
Paroles écrites par H. JOBARD, de la promotion Alexandre III.

 

1.

 

 

 

 

 

 

 

Je connais un hôtel charmant
Au premier, dans un coin tranquille
Loin du bruit et du mouvement,
On vit en paix dans cet asile.
Le propriétaire y loge gratis
C’est à l’œil qu’on est locataire
Chandelle et tout servic’ compris,
à l’Ours de l’Ecol’ Militaire !

4.

 

 

 

 

 

 

 

Y a des fois qu’il y a tant de clients
qu’on fait la queue devant la porte,
Y en a même qu’ont des abonnements,
C’est pas plus cher de cette sorte.
Dernièr’ment je fus au bureau
Pour y prendr’ une stelle de première,
J’n'ai pu trouver qu’un escabeau,
A l’Ours de l’Ecol’ Militaire !
2.

 

 

 

 

 

 

 

C’est fréquenté généralement
Par tous les gens chics de l’Ecol’,
La table comme le logement
Ne coûtent pas une pistole.
Ce n’est pas Potel et Chabot
Mais c’est tout d’même mieux qu’ l’ordinaire
Au moins on boit son café chaud
A l’Ours de l’Ecol’ Militaire !

5.

 

 

 

 

 

 

 

L’ameublement n’est pas très beau,
C’est pas luxueux mais solide :
Un’table, un lit, un escabeau
Quatre murs blancs, et puis… le vide !
Y a guère qu’un ptit inconvénient
C’est qu’ça manque de calorifère,
Mais faut pas être trop exigeant
A l’Ours de l’Ecol’ Militaire !

3.

 

 

 

 

 

 

 

Pour y entrer y a pas besoin
D’avoir commis un parricide
On n’a qu’à mettre le plus grand soin
A bahuter l’képi rigide ;
A déclarer qu’à la tapir
Ou pig’zéro, qu’on a beau faire,
A deux battants on voit s’ouvrir
L’Ours de l’Ecole Militaire !

6.

 

 

 

 

 

 

 

Tous les cleints font des topos,
gravent leur nom dessus les pierres,
On y voit des noms d’généraux,
Mêm’ des ministres de la guerre.
Mais c’qu’il y a d’plus rigolo
C’est qu’en jolis p’tits caractères
J’ai trouvé celui du poirot…
A l’Ours de l’Ecole Militaire !

7.

 

 

 

 

 

 

 

J’ai signé comm’ c’était mon d’voir,
Sur cette liste singulière.
Si j’claque un jour d’un coup d’pétoire,
On ajout’ra “mort à la guerre” !
Et j’veux, quand ils s’ront Saint-Cyriens,
Qu’mes enfants, pensant à leur père,
Viennent mettr’leur nom au d’ssus du mien,
A l’Ours de l’Ecole Militaire.
 

 

© 2009, Promotion Chef d'Escadrons FRANCOVILLE